Ce
qui m'intéressait était dans un premier temps le fait
de ne pas être maître, de pas choisir les participants de
ce projet puisque ceux-ci intervenaient après avoir pris connaissance
de mon intention à travers des affiches et des tracts distribués
auparavant. Par ce mode de diffusion, je cultivais l’anonymat
et espérais, par la curiosité, toucher un grand nombre
de personnes.
Vient
ensuite le basculement du rapport privé/public provoqué
par le réseau internet. A l’image du blog, le journal intime,
qui a pour définition d'être personnel et souvent caché,
se trouve être ici à la vue de ceux qui le désirent.
Mais peut-on réellement parler d’intimité quand
on flirte avec l’exhibitionnisme ? La difficulté était
donc de construire ce journal tout en tenant compte de l’ambiguïté
imposée par Internet.
Enfin,
la facilité de dialoguer derrière un écran fut
vite une difficulté quand il s’agissait de discuter de
ces pseudos et de les commenter. Difficulté présente aussi
bien auprès des inconnus qu’auprès des personnes
connues. Le dévoilement d’un journal intime, et pire encore
son éclaircissement, peut donc s'avérer être plus
compliqué dans la mesure où le diariste, par ses explications,
se trouve être « à nu » et susceptible d’être
jugé et critiqué.